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Web3 : c'est quoi ? Le guide complet du web décentralisé

Captain Trading··18 min

Web3 ou Web 3.0 ?! Cela va surtout dépendre de votre génération … Il en reste que le mot est dans toutes les bouches et je doute que les crises successives puissent changer quelque chose au développement inéluctable du Web3.

Depuis que le terme Web3 a émergé pour décrire de nouveaux types de protocoles permettant un consensus décentralisé, il en est venu à décrire tout un écosystème de blockchains publiques, d'applications décentralisées (dApps) et même de philosophies de conception du web de demain.

Comme pour d'autres grandes idées ésotériques, la question "Qu'est-ce que le Web3 ?" suscite des réponses aussi diverses que les personnes qui les articulent. Pour certains, un nouveau jargon peut être bloquant, surtout lorsqu'on débute dans l'univers de la blockchain et des cryptomonnaies.

C'est pourquoi nous allons couvrir neuf idées clés qui décrivent le Web3 autour de plusieurs exemples concrets nous permettant de comprendre ces concepts dans la pratique et ainsi rompre avec l'abstrait. Si vous débutez avec les cryptos, nous vous conseillons également de consulter notre guide complet sur le Bitcoin et notre guide sur Ethereum, deux briques fondamentales du Web3.

Article mis à jour en 2026 : le socle conceptuel du Web3 (décentralisation, propriété, identité) reste valable, mais nous avons re-contextualisé les passages liés au marché (NFT, outils d'identité, plateformes) pour coller à la réalité d'aujourd'hui, après les cycles 2021-2025.

Web3 : les 9 définitions essentielles pour tout comprendre

1. Web3 est le nouveau nom branché pour parler de web décentralisé.

2. Web1 est simplement lu, Web2 est écrit et lu, Web3 est détenu, écrit et lu.

3. Web3 permet le transfert de valeurs sur internet.

4. Web3 protège votre identité sur internet.

5. Web3 est une réponse aux réseaux sociaux qui publient nos informations personnelles sans le moindre contrôle en la vendant aux plus offrants de façon automatisée.

6. Web3 permet aux artistes et créateurs de sécuriser leurs propriétés et d'en maîtriser la vente.

7. Web3 constitue un nouveau modèle de patronage pour internet.

8. Web3 facilite la mise en place de structures communautaires et de gouvernance coopératives.

9. Quoi qu'on en dise, Web3 n'est pas encore parfaitement décentralisé.

1. Web3 : le nouveau nom du web décentralisé

Web3 est illustré succinctement par le fait que MetaMask est devenu l'un des principaux moyens par lesquels les individus peuvent accéder à la blockchain Ethereum, et à de nombreux autres réseaux compatibles avec Ethereum.

Cela permet de générer une clé publique en toute sécurité sur votre téléphone ou votre ordinateur, mais cela ouvre surtout la voie à un nouveau principe d'interaction avec le web : vous êtes le seul à avoir accès à vos comptes et à vos données et à pouvoir choisir ce que vous souhaitez partager et ce qui doit rester privé.

Une autre façon de décrire MetaMask consisterait à dire qu'il s'agit d'un gestionnaire de consentement cryptographique. Si vous voulez passer à la pratique, suivez notre tutoriel pour créer votre premier hot wallet MetaMask pas à pas et comprendre la logique des clés privées. Pour acheter vos premières cryptos avant de les transférer vers un wallet comme MetaMask, vous pouvez passer par une plateforme régulée et reconnue : nous recommandons généralement d'acheter ses premières cryptos sur Kraken avant de passer en self-custody, l'un des exchanges les plus fiables du marché pour débuter sereinement.

Mise à jour 2026 — MetaMask leader, mais plus seul. MetaMask reste un des portefeuilles les plus utilisés de l'écosystème Ethereum (de l'ordre de plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs actifs mensuels), mais il n'est plus l'unique porte d'entrée : la concurrence s'est étoffée avec Rabby, Phantom (côté Solana et multi-chaînes), ainsi qu'une nouvelle génération de "smart wallets" reposant sur l'account abstraction (voir plus bas). Le principe reste le même : une clé, un wallet, et vous gardez le contrôle.

Lorsque vous faites référence au web décentralisé, vous faites également référence au reste, qui va bien au-delà de la gestion décentralisée de la monnaie et de l'identité.

D'autres aspects du web décentralisé, tels que le stockage de données, émergent comme des éléments essentiels du Web3 avec par exemple le stockage permanent des fichiers (comme IPFS et Arweave), le stockage décentralisé (Golem, W3BCloud etc) ou encore les données décentralisées avec Graph Protocol.

Aujourd'hui, le terme Web3 est une véritable accroche face à toute une catégorie d'investisseurs et de VCs (les venture capitalists, ces fonds qui investissent très tôt dans les projets technologiques).

Cela signifie qu'il fait également l'objet de longs threads ironiques, tout en dérision mais souvent confus.

Ce n'était qu'une question de temps avant que Web3 ne prenne assez de place sur Internet pour que les guignols ne se mettent à critiquer les esprits innovants.

2. Web1, Web2, Web3 : l'évolution vers un internet possédé par ses utilisateurs

Si vous demandiez à un profil technique ce qu'est le Web3, il vous répondrait sûrement par le titre ci-dessus.

Du Web1 au Web2 : de la lecture seule au web interactif

Le Web, dans sa version initiale, reposait sur des protocoles open source tels que TCP, IP, SMTP et HTTP.

Un protocole est un moyen standard par lequel plusieurs ordinateurs acceptent de communiquer entre eux. Ces protocoles fondamentaux régissent le flux d'informations et de messages sur internet.

Je rappelle que l'avantage fondamental de l'open source est que c'est gratuit.

Web2 (à l'époque on disait Web 2.0) décrit en fait l'évolution réalisée grâce à des protocoles libres d'accès.

Un changement important est que, contrairement aux versions statiques dites "en lecture seule" des sites que constituent la première version du Web, les individus peuvent ajouter du contenu sur le Web. C'est l'avènement du web interactif. Ce qui n'était au départ que des votes positifs est devenu du microblogging et, aujourd'hui, il s'agit de plus de 2 milliards de profils Facebook entre autres.

Un autre changement subtil mais fondamental s'est également produit. Plutôt que de vous proposer de payer pour maintenir votre propre serveur et afficher vos sites Web, les entreprises du Web2 ont décidé de payer les factures. A la place, elles ont créé un silo de données, qui recense les comportements des utilisateurs pour construire des profils sociaux devenus ultra précieux pour les annonceurs.

Conclusion bien connue : avec le Web 2.0, l'utilisateur individuel est devenu le produit !

Web3 : la propriété rendue aux utilisateurs

Sur le Web3, la propriété est décentralisée; cela signifie que les constructeurs, les opérateurs et les utilisateurs d'une plateforme possèdent une partie de ce qu'ils utilisent.

Bitcoin et Ethereum en sont les premiers exemples : en échange de la mise à jour du grand livre et de l'honnêteté des autres acteurs, ils reçoivent une récompense en BTC ou ETH en échange de la sécurisation du réseau.

Les réseaux basés sur des jetons construits sur ERC-20 (la norme des jetons fongibles sur Ethereum) et d'autres blockchains proposant des smart contracts ont même introduit de nouveaux modèles de propriété qui ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des coopératives ou des sociétés par actions.

Par exemple, la propriété peut être donnée sous la forme d'un jeton fourni pour un service, comme la fourniture de liquidités pour une transaction, et ce même jeton peut également être utilisé pour gouverner les changements futurs du réseau. La grande vision est que les participants à un réseau pourront posséder une partie des produits et services qu'ils utilisent quotidiennement.

3. Web3 et transfert de valeur : la rareté numérique enfin possible

L'une des plus grandes innovations d'internet fut de fournir une information massive, mondialement accessible, bon marché et libre. Ces caractéristiques sont en opposition directe avec le principe de création de valeur, qu'il s'agisse d'argent ou de propriété, qui sont par définition rares et difficiles d'accès.

Bitcoin et le problème de la double dépense

Le bitcoin est le premier protocole qui a introduit la rareté sur l'internet, notamment en résolvant le problème de la "double dépense" qui avait affecté les premières tentatives de monnaie numérique. Le problème de double dépense fait référence à l'idée que vous pourriez utiliser de la monnaie numérique en double et la dépenser simultanément à deux endroits ou plus.

Dans le monde financier classique, les banques, les sociétés de cartes de crédit et les processeurs de paiement valident eux-mêmes les transactions afin de minimiser le risque de double dépense.

Dans le cas des cryptos qui sont décentralisées, c'est le réseau de mineurs ou de validateurs qui se charge de vérifier qu'un compte ne fait pas de double dépense. Les implications sont profondes puisque la vérification ne repose plus sur un acteur centralisé "de confiance". Avec une connexion internet, n'importe qui peut participer au réseau peer-to-peer et inspecter le grand livre. Enfin, le consensus permet de protéger contre de potentielles associations malhonnêtes cherchant à inverser ou à censurer les transactions.

Fongible ou non fongible : la naissance des NFT

Afin qu'on puisse observer un début de rareté, il nous faut également observer une véritable fongibilité. Fongibilité signifie que vous pouvez remplacer une unité par une autre et qu'elle a toujours la même valeur. Par exemple, 1 ETH vaut 1 ETH.

Non fongible signifie que chaque unité est unique. Les NFT donnent aux utilisateurs la possibilité de posséder des objets, qui peuvent être des œuvres d'art, des photos, de la musique, du texte, des objets de jeu, des identifiants, des droits de gouvernance, des cartes d'accès.

Fondamentalement, ce qui est important, c'est que la blockchain conserve un enregistrement de la propriété d'un compte à l'autre. Elle permet à un artiste ou à une entreprise d'établir l'"original" et, tout comme le problème fondamental que les blockchains résolvent, elle empêche un autre individu de prétendre en être le propriétaire ou de le "dépenser deux fois".

Une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes ont accroché avec les NFTs, c'est tout simplement parce qu'il s'agit d'un moyen de prouver la provenance numérique car ce sont bien des jetons Ethereum et autres comme Solana.

Ils sont interopérables avec le reste de l'écosystème Web3. Ils peuvent être divisés en petites parties afin que plusieurs personnes puissent les posséder, être utilisés comme garantie pour d'autres services financiers décentralisés (DeFi), inclure des redevances à perpétuité et même être utilisés comme base d'identité sur Internet.

4. Web3 et identité numérique : reprendre le contrôle de vos données

L'une des grandes omissions du Web 2.0, et qui arrange bien les grands acteurs, est qu'on a soigneusement oublié de définir la notion de propriété personnelle des données.

Cela manquait et c'est bien un des éléments essentiels qu'apporte le Web3 : vous reprenez possession de votre identité numérique.

La position du Web3 est que vous devez posséder votre propre identité en ligne et ne révéler des parties de cette identité que lorsque vous le décidez. En pratique, une identité sur Ethereum est très basique. Considérez-la comme un conteneur qui permet d'y associer des revendications. Un gouvernement pourrait attester de votre date et de votre lieu de naissance sans rien apprendre d'autre sur votre identité numérique à laquelle vous ne consentez pas. Votre identité pourrait inclure l'historique de vos transactions qu'un service financier pourrait interroger sans avoir besoin de savoir où vous êtes né. En outre, l'identité numérique que vous développez sur un réseau social pourrait être transférable à d'autres réseaux, etc.

ENS : l'identité lisible du Web3

En pratique, ce qui se rapproche le plus d'un layer d'identité universelle dans Web3 est l'Ethereum Name Service (ENS). Avec ENS, vous pouvez acheter un nom unique (par exemple, jamesbeck.eth) sous forme de jeton non fongible ERC-721, puis le faire pointer vers une adresse Ethereum. ENS a créé des adresses Ethereum lisibles par l'homme, mais il a depuis été utilisé comme un moyen pratique pour faire des airdrops de NFTs, de montrer vos jetons ou votre collection de NFTs à d'autres, et de comprendre qui vote pour quelles propositions lors des votes de gouvernance des DAO (les Decentralized Autonomous Organizations, ces organisations gérées par le code et les votes de leurs membres).

Il existe un intérêt indéniable à "comprendre" Web3, ce qui explique peut-être pourquoi certaines célébrités ont affiché des noms d'utilisateur .eth sur X (ex-Twitter). À l'instar des premiers protocoles Internet, il n'y a pas de premiers investisseurs dans ENS, et le protocole lui-même est décentralisé et basé sur des normes standards et open-source.

Mise à jour 2026 — l'identité Web3 a évolué. Les services d'identité auto-souveraine cités à l'origine (IDX et Self.ID de 3Box Labs) ne sont plus les outils à recommander : 3Box Labs a arrêté ces produits au profit du réseau Ceramic. Aujourd'hui, la brique d'authentification la plus répandue est Sign-In with Ethereum (SIWE), qui permet de se connecter à un service avec son wallet plutôt qu'un mot de passe. En parallèle, l'account abstraction (standard ERC-4337) et les passkeys rendent peu à peu les wallets plus simples : on peut se connecter et signer sans manipuler directement une seed phrase, ce qui rapproche l'expérience Web3 de celle d'une appli classique.

À l'instar de ENS, la vision plus large est que les gens peuvent s'inscrire à de nouveaux services et plateformes en choisissant automatiquement les données et informations à partager à partir de leur identité personnelle. Pour l'instant, la plupart des initiatives concernant les identités numériques utilisant des blockchains sont encore ancrées dans le monde du Web3, par exemple en reliant votre adresse Ethereum à vos profils sociaux. Toutefois, l'objectif à long terme du Web3 est que les identités du monde réel, comme une carte d'identité gouvernementale, soient également intégrées à la blockchain.

5. Web3 : une réaction au manque de sécurité et à la captation des données du Web2

Facebook (AKA 'Meta') possède une grande partie des données de votre graphe social. Même si vous quittez le service, les données restent liées aux serveurs de Meta. Gavin Wood, qui selon certains a inventé le terme contemporain Web3, a soutenu en 2014 : "Le Web 3.0, ou comme on pourrait l'appeler le web 'post-Snowden', est une réinvention des choses pour lesquelles nous utilisons déjà le web, mais avec un modèle fondamentalement différent pour les interactions entre les parties. Les informations que nous supposons publiques, nous les publions. Les informations dont nous supposons qu'elles font l'objet d'un accord, nous les plaçons sur un grand livre de consensus."

En 2018, le scandale de Cambridge Analytica a enfoncé le clou en révélant que les informations personnelles de 87 millions de personnes avaient été récoltées par une entreprise qui tentait de créer des profils psychographiques d'électeurs afin d'influencer les élections.

Si cette révélation a fait les gros titres, soyons réalistes : d'importantes violations de données se produisent tout le temps. Cela affecte des millions d'internautes, simplement parce que nous confions à des entreprises le soin de stocker nos données, et que nous ne pouvons pas révoquer les autorisations lorsque nous passons à un autre service.

Si vous avez lu la nouvelle sur l'impossibilité d'ouvrir son wallet Metamask dans certains pays ou mon article qui parle du scandale JPMorgan VS Metamask, je pense que vous comprendrez facilement l'intérêt de pouvoir compartimenter son identité et en conserver certaines datas théoriquement inutiles aux contreparties.

Le principe de conception des applications Web3 est que les individus "poussent" les informations vers des sources de confiance, au lieu que les applications soient en contact avec des sources tierces pour les obtenir. Par exemple, dans le monde Web2, lorsque vous vous "connectez avec Google", une application peut extraire des données d'identification personnelle auxquelles vous n'avez pas consenti.

L'opacité des données que vous communiquez aux différentes applications sur le web est en fait une des raisons pour lesquelles les réseaux sociaux ont pu créer une telle position dominante. Ces informations sont extrêmement précieuses et, pour la plupart, vous y renoncez dès que vous signez les conditions d'utilisation d'une plateforme.

Web3 peut être considéré comme une réaction au déséquilibre entre les utilisateurs et les plateformes sur l'internet d'aujourd'hui, une relation où les utilisateurs auront toujours à choisir ce qu'ils veulent partager et ce qu'ils veulent garder privé.

6. Web3 et créateurs : sécuriser sa propriété intellectuelle et maîtriser sa distribution

Il semble que tout le monde ait lancé un NFT en 2021 : le marché a atteint, à son pic, plus de 23 milliards de dollars de volume total d'échanges sur l'année selon DappRadar. Pour de nombreux artistes numériques, les NFTs ont représenté à ce moment-là le premier moyen de soutenir leur art à plein temps. Et comme les NFTs constituent un format de jeton polyvalent, vous pouvez frapper un NFT en déployant votre propre code ou en utilisant une place de marché.

Mise à jour 2026 — la correction du marché NFT. Ce chiffre de 23 milliards correspond à l'euphorie de 2021 : il ne reflète pas le marché actuel. Depuis, la bulle s'est largement dégonflée. D'après les rapports de DappRadar, le volume NFT 2024 (~13,7 Md$) a marqué la pire année depuis 2020, et l'activité a continué de chuter en 2025 (volume trimestriel retombé sous le milliard de dollars, nombre de traders actifs en baisse de plus de 90 % par rapport au pic). Le segment "art" en particulier s'est effondré de plus de 90 % par rapport à 2021. Morale : les NFT restent une innovation technique intéressante (preuve de propriété, redevances, billetterie, identité), mais en tant qu'actif spéculatif, ils ont vécu un cycle classique d'euphorie puis de capitulation. Pour comprendre ce schéma qui se répète, lisez notre guide pour comprendre les cycles d'euphorie et de capitulation qui ont rythmé le Web3 depuis 2021. Et n'oubliez pas que cette période a aussi vu l'effondrement de Terra/LUNA puis de FTX en 2022, ainsi que l'arrivée d'un vrai cadre réglementaire en Europe avec MiCA (applicable en 2024-2025).

Au contraire des réseaux sociaux du Web2, votre jeton peut être acheté sur un service, vendu sur un marché secondaire ou utilisé pour d'autres jeux et applications. En d'autres termes, en héritant des propriétés d'Ethereum, les NFTs sont des représentations de valeur liquides car interopérables.

Certaines des premières places de marché NFT ont rapidement compris que leur position n'est pas simplement d'agir comme une place de marché. Il était également essentiel de créer un véritable consensus entre les créateurs, les utilisateurs et la plateforme elle-même.

En 2021, SuperRare a lancé un jeton de gouvernance $RARE et a créé la SuperRare DAO afin de récompenser ses premiers artistes et collectionneurs, ainsi que d'encourager la communauté à prendre part à la conservation de son art, en expliquant :

"Nous envisageons Spaces comme l'avenir de la conservation d'art axée sur la communauté : un écosystème dynamique de conservateurs, de collectifs d'artistes, de galeries et de membres de la communauté, qui accueillent les artistes et collaborent aux enchères, sous la marque et la technologie partagées de SuperRare."

D'autres applications d'ETH utilisent désormais les tokens comme moyen de récompenser les contributions au réseau et d'aider à gérer les décisions. Même les réseaux sociaux Web2 comme Reddit testent l'utilisation de jetons connus sous le nom de "community points" afin que les contributeurs actifs de subreddit puissent "posséder" une partie du réseau social. Les protocoles DeFi comme Uniswap ont déjà créé une dynamique à somme positive en incitant les fournisseurs de liquidité à fournir des capitaux pour les paires de négociation de presque tous les actifs sur Ethereum.

Les avantages des individus ayant un intérêt collectif dans les nombreux services qu'ils utilisent sur le Web pourraient être la plus grande menace pour les effets de réseau des réseaux sociaux dominant à ce jour.

Scott Belsky pose la question suivante : "Si chaque partie prenante de ces entreprises était fortement incitée à contribuer à la construction, à l'amélioration, à la commercialisation et à la fréquentation des marques, cela deviendrait-il un avantage concurrentiel par rapport aux grands groupes ?"

7. Web3 : un nouveau modèle de mécénat et de soutien direct aux créateurs

Le terme de plus en plus vague d'"économie des créateurs" est utilisé pour décrire une réalité bien concrète : de plus en plus de gens vivent directement de ce qu'ils produisent en ligne, sans intermédiaire. Le problème, dans le monde Web2, c'est que cet intermédiaire est partout. Entre un créateur et son public se glissent toujours une plateforme, son algorithme et sa commission. Vous ne possédez ni votre audience, ni la relation que vous entretenez avec elle : du jour au lendemain, une décision unilatérale peut couper vos revenus.

Le Web3 propose un autre modèle de patronage, plus direct. Plutôt que de monétiser indirectement une audience via la publicité d'une plateforme, le créateur peut vendre directement à sa communauté un objet numérique (NFT), un accès, ou une part de gouvernance de son projet. Les redevances programmées dans le smart contract permettent même, en théorie, de toucher un pourcentage à chaque revente sur le marché secondaire — une chose impossible dans le monde de l'art traditionnel, où l'artiste ne voit jamais un centime des reventes de ses œuvres.

On retrouve ici la même logique que pour le mécénat d'autrefois, mais à l'échelle d'internet : un soutien direct, transparent et traçable, où chaque contributeur sait exactement ce qu'il finance et ce qu'il reçoit en retour. C'est un changement de paradigme : on ne "consomme" plus passivement le travail d'un créateur, on en devient partie prenante.

8. Web3 et gouvernance : les DAO et les structures communautaires

Si la propriété est distribuée entre les utilisateurs, encore faut-il un moyen de prendre des décisions collectives. C'est le rôle des DAO (Decentralized Autonomous Organizations). Une DAO, c'est une organisation dont les règles sont inscrites dans du code (des smart contracts) et dont les décisions sont prises par le vote de ses membres, généralement au prorata des jetons de gouvernance qu'ils détiennent.

Concrètement, là où une entreprise classique a un conseil d'administration et une hiérarchie, une DAO fonctionne par propositions et par votes ouverts, enregistrés sur la blockchain. Tout le monde peut vérifier qui a voté quoi, et le code exécute automatiquement la décision validée. On a vu des DAO gérer des protocoles DeFi de plusieurs milliards (comme la trésorerie d'Uniswap ou de MakerDAO), financer des projets, ou même tenter d'acheter collectivement des objets emblématiques.

Ce modèle n'est pas une utopie sans défauts : la participation aux votes est souvent faible, le pouvoir peut se concentrer entre les mains des plus gros détenteurs de jetons (les fameuses "baleines"), et le cadre juridique reste flou dans de nombreux pays. Mais l'idée de fond est puissante : permettre à une communauté de coordonner des ressources et de gouverner un bien commun numérique, sans faire confiance à une autorité centrale unique. C'est exactement le genre de structure coopérative que le Web2 ne permettait pas.

9. Web3 n'est pas (encore) parfaitement décentralisé

Soyons honnêtes pour finir : le Web3 est une promesse en construction, pas un état de fait. Derrière le discours de décentralisation, la réalité est plus nuancée.

Les points de centralisation qui subsistent

Beaucoup de dApps reposent encore sur des infrastructures centralisées : des fournisseurs de nœuds comme Infura ou Alchemy, des front-ends hébergés sur des serveurs classiques, ou des stablecoins émis par des entreprises privées. Une grande partie des échanges de cryptos passe toujours par des plateformes centralisées. Et MetaMask lui-même, porte d'entrée du Web3, est édité par une société. Quand un service tiers tombe, une partie du Web3 "décentralisé" peut devenir inaccessible.

Ajoutez à cela la concentration des jetons (une poignée d'acteurs détient souvent une part énorme de l'offre d'un projet), l'influence des grands fonds de capital-risque dans le financement des protocoles, et la dépendance à quelques blockchains dominantes : on est encore loin d'un internet entièrement distribué et résistant à la censure.

Pourquoi ça compte quand même

Pour autant, l'objectif n'est pas binaire. La décentralisation est un curseur, pas un interrupteur. Chaque brique réellement décentralisée — un protocole open-source, un actif que vous détenez en self-custody, une identité que vous contrôlez — rend l'ensemble un peu plus robuste et un peu moins dépendant d'un acteur unique. Le Web3 ne remplacera pas le Web2 du jour au lendemain : il s'y superpose, comble ses angles morts (propriété, transfert de valeur, identité) et avance par itérations, cycles d'euphorie et corrections compris.

En tant que débutant, retenez surtout ceci : ne confondez pas la technologie (solide et durable) avec la spéculation (cyclique et risquée). Comprendre le Web3, c'est d'abord comprendre ce que vous possédez vraiment et qui contrôle quoi.

FAQ : vos questions sur le Web3

Web3, c'est quoi en une phrase ?

Le Web3 est une nouvelle version d'internet bâtie sur la blockchain, où les utilisateurs possèdent réellement leurs données, leur identité et leurs actifs numériques, sans dépendre d'une plateforme centrale. En résumé : Web1 se lit, Web2 s'écrit et se lit, Web3 se détient, s'écrit et se lit.

Faut-il acheter des NFT pour faire du Web3 ?

Non. Les NFT ne sont qu'un usage parmi d'autres de la blockchain. Après l'euphorie de 2021, le marché NFT s'est fortement corrigé : ne les abordez pas comme un investissement garanti, mais comme une brique technologique (preuve de propriété, billetterie, identité). Le cœur du Web3, c'est surtout la self-custody de vos cryptos et le contrôle de votre identité.

Comment commencer concrètement avec le Web3 ?

Trois étapes simples : (1) achetez vos premières cryptos sur une plateforme régulée comme Kraken ; (2) créez votre propre wallet MetaMask et sauvegardez précieusement votre seed phrase ; (3) transférez une petite somme vers votre wallet pour vous familiariser avec les transactions on-chain. Commencez petit, comprenez avant d'investir.

Web3 et crypto, c'est la même chose ?

Pas exactement. Les cryptomonnaies sont le carburant économique du Web3 (elles permettent les paiements, la gouvernance, les récompenses), mais le Web3 est un concept plus large qui englobe aussi le stockage décentralisé, l'identité auto-souveraine, les DAO et les applications décentralisées.

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