Fiscalité crypto France 2026 : le PFU est à 31,4 %, pas 30 %
Captain Trading··23 min
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Si tu cherches le taux d’imposition de tes plus-values crypto en France, tu vas tomber sur 30 % à peu près partout. Ce chiffre n’est plus le bon. Le prélèvement forfaitaire unique applicable aux cessions de crypto-actifs est de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C’est écrit mot pour mot sur la page de la DGFiP, modifiée le 17 juillet 2026 : « prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % ».
Ce n’est pas le seul décalage. Depuis le 25 juin 2026, les NFT ont leur propre article dans le Code général des impôts, appliqué rétroactivement aux cessions depuis le 1er janvier 2026. Et si tu trades des perpétuels avec du levier, tu n’es même pas dans le régime que décrivent toutes les fiches fiscales en ligne.
Ce qui suit couvre les revenus 2026, déclarés au printemps 2027, à jour au 3 septembre 2026. Chaque taux est appuyé sur un texte officiel dont le lien est donné ; quand un point n’est tranché par aucun texte, on le dit au lieu d’inventer.
L’essentiel à retenir
31,4 % et non 30 %, depuis la hausse de la CSG de 9,2 à 10,6 points par la LFSS pour 2026.
Le régime de droit commun, l’article 150 VH bis du CGI, ne vise que les crypto-actifs fongibles détenus au comptant.
Les échanges sans soulte ne sont pas imposés : l’impôt frappe la sortie vers l’euro, un bien ou un service.
Exonération totale sous 305 € de prix de cession cumulés au niveau du foyer : un seuil de vente, pas de gain.
La plus-value se calcule au prorata de la valeur globale de ton portefeuille, jamais ligne par ligne.
Les dérivés sortent du jeu : ni seuil de 305 €, ni sursis, ni formulaire 2086 — mais leurs pertes sont reportables dix ans, celles du spot ne le sont pas du tout.
Les NFT relèvent de l’article 150 VH ter, applicable aux cessions depuis le 1er janvier 2026 sans aucun commentaire officiel.
Minage et staking sont imposés en BNC dès la perception, pas à la revente.
Un portefeuille étranger non déclaré, c’est 750 € d’amende et un contrôle possible sur dix ans — or l’administration recevra tes opérations 2026 dès 2027.
Pourquoi tout le web francophone écrit encore 30 %
Ce n’est pas de la paresse, c’est un problème de source : la doctrine administrative n’a jamais été mise à jour. BOI-RPPM-PVBMC-30-30, le commentaire de référence sur les taux, date du 23 avril 2024 et affiche toujours 17,2 % de prélèvements sociaux et 30 % au total. Pire : BOI-RPPM-PVBMC-30-10 et BOI-RPPM-PVBMC-30-20, qui décrivent le champ d’application et la base imposable, sont en version du 2 septembre 2019 et expliquent encore que l’achat-revente habituel relève des BIC, critère pourtant remplacé dès 2023. Qui vérifie sur le BOFiP y lit un taux périmé et une règle abrogée.
NFT : article 150 VH ter depuis les cessions de 2026.
Minage et staking : BNC dès la perception, article 92.
Conditions analogues à celles d’un professionnel : BNC, article 92, 2, 1 bis, et plus de sursis sur les échanges.
Détention via une SAS ou une holding à l’IS : impôt sur les sociétés, régime non traité ici.
Non-résident au moment de la cession : hors champ, pas d’imposition en France.
Un mythe à casser : trader beaucoup ne te rend pas professionnel. Depuis 2023, le critère n’est plus le caractère habituel de tes opérations mais, selon le BOFiP, « la détention, la maîtrise et l’usage d’informations et de techniques d’intervention spécialisées ainsi que leur recherche organisée ». Le poids des gains dans les revenus du foyer, critère cité partout, vient de l’ancienne jurisprudence BIC et ne figure pas dans ce texte. Le basculement reste exceptionnel : un particulier très actif demeure à 150 VH bis.
Le régime de droit commun : l’article 150 VH bis
La version en vigueur au 1er juillet 2026 ne parle plus d’« actifs numériques » mais de « crypto-actifs soumis au règlement (UE) 2023/1114 », c’est-à-dire MiCA. Ce n’est pas cosmétique : c’est ce renvoi qui fait sortir les dérivés du champ. La logique est celle d’un portefeuille global : tant que tu restes dans l’univers crypto, rien n’est dû — l’impôt se déclenche à la sortie vers une monnaie ayant cours légal, vers un bien ou vers un service.
Le seuil de 305 €
Tu es exonéré si la somme des prix de cession du foyer n’excède pas 305 € sur l’année. C’est un seuil de prix de cession, pas de gain : vendre pour 400 € avec 20 € de plus-value te rend imposable, vendre pour 300 € avec 250 € de gain t’exonère. Les échanges sans soulte n’y entrent pas, et l’exonération n’est pas automatique : il faut déposer le formulaire 2086 pour justifier que tu es dessous.
Une réserve honnête : le texte légal parle de la « somme des prix de cession » brute, alors que le 2086 agrège des montants nets des frais et des soultes — à 320 € de ventes brutes avec 20 € de frais, tu es imposable en lecture légale et exonéré en lecture du formulaire. Ce seuil n’a jamais été indexé depuis 2019.
Le sursis d’imposition des échanges
C’est le pilier du régime français, et sa vraie qualité : passer de BTC à ETH ou se réfugier en stablecoin ne déclenche aucun impôt immédiat. Trois exceptions : l’échange avec soulte est imposable à hauteur de la soulte reçue ; le sursis ne joue ni dans le régime BNC des conditions analogues à un professionnel, ni sur les dérivés.
Il n’efface jamais l’obligation de retracer tes opérations : le prix total d’acquisition est la seule chose qui réduira ton impôt futur. Un journal de trading tenu proprement vaut mieux que trois week-ends de reconstitution.
La formule de calcul, et un exemple chiffré
La France ne calcule pas ligne par ligne : ni FIFO, ni LIFO, ni prix moyen pondéré par jeton. La méthode est unique, obligatoire, et donne un résultat différent de la plupart des exports de plateformes.
Plus-value = prix de cession net des frais et des soultes − [prix total d’acquisition net × (prix de cession net des soultes ÷ valeur globale du portefeuille)]
En numérotation du formulaire 2086 : ligne 218 − [ligne 223 × (ligne 217 ÷ ligne 212)]. Le piège technique est là : les frais se déduisent du premier terme, mais pas du numérateur du quotient, qui est la ligne 217, nette des soultes mais non des frais. Beaucoup d’outils les soustraient des deux côtés et faussent le résultat.
Léa, célibataire, résidente française
Elle a acheté 1 bitcoin pour 40 000 € en 2024, puis 10 ETH pour 20 000 € en 2025 : prix total d’acquisition de 60 000 €. En juin 2026, elle échange 2 ETH contre du SOL sans soulte : sursis, rien à déclarer. En septembre, elle vend 0,5 BTC pour 45 000 € avec 200 € de frais, son portefeuille valant alors 150 000 €.
Ligne 2086
Intitulé
Montant
212
Valeur globale du portefeuille au moment de la cession
150 000 €
217
Prix de cession net des soultes (frais non déduits)
45 000 €
218
Prix de cession net des frais (200 €) et des soultes
44 800 €
223
Prix total d’acquisition net
60 000 €
—
Fraction imputée : 60 000 × (45 000 ÷ 150 000)
18 000 €
—
Plus-value de cette cession : 44 800 − 18 000
26 800 €
Le même calcul en FIFO, comme le ferait un outil étranger, donnerait 24 800 € : deux mille euros d’écart sur une seule opération.
Deuxième cession. En novembre 2026, Léa vend son SOL pour 20 000 € sans frais, portefeuille valorisé 110 000 €. La fraction de capital déjà consommée en septembre, 18 000 €, vient en déduction (ligne 221) : la ligne 223 tombe à 42 000 €, la fraction imputée est de 42 000 × (20 000 ÷ 110 000) = 7 636,36 €, et la plus-value de 12 363,64 €. Oublier la ligne 221, c’est surévaluer son prix d’acquisition résiduel et sous-déclarer.
Une précision qui évite une erreur de saisie : la plus-value de chaque cession se porte dans une case non numérotée du bloc, libellée « Plus-values et moins-values ». La ligne 224, elle, est le total de l’année du déclarant 1 — ici 26 800 + 12 363,64 = 39 163,64 €, et c’est ce total qui remonte en 3AN.
Plus-value nette annuelle : 39 163,64 €. Impôt au PFU : 12 297 € arrondis, dont 5 013 € d’impôt sur le revenu et 7 284 € de prélèvements sociaux. Au taux périmé de 30 %, elle aurait provisionné 11 749 € : 548 € de moins que la réalité.
Aucun prélèvement à la source : l’impôt est recouvré avec l’avis d’imposition de l’année suivante, donc mets l’argent de côté quand tu encaisses. Note aussi que le 2086 comporte trois blocs de calcul, chacun avec sa propre valeur globale de portefeuille — déclarant 1 (ligne 212), déclarant 2 (ligne 252), personne à charge (ligne 312) — auxquels s’ajoute un quatrième bloc pour les cessions réalisées par l’intermédiaire de personnes interposées (lignes 411 à 435), qui raisonne non pas en valeur globale mais en quotes-parts de prix de cession et de plus-value. On ne fusionne jamais les portefeuilles du foyer, alors que le seuil de 305 €, lui, est unique pour le foyer.
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Par défaut tu es au PFU. Tu peux opter pour le barème en cochant la case 3CN de la 2042 C : option expresse, globale sur toutes tes plus-values crypto de l’année, et irrévocable.
Tranche marginale
Coût au barème
Coût au PFU
Moins coûteux
0 %
18,6 %
31,4 %
Barème
11 %
29,6 %
31,4 %
Barème
30 %
48,6 %
31,4 %
PFU
41 %
59,6 %
31,4 %
PFU
45 %
63,6 %
31,4 %
PFU
La bascule se joue autour de 12,8 %, la part impôt du PFU. Deux nuances : en cas d’option pour le barème, 6,8 points de CSG sont déductibles de ton revenu global de l’année de paiement, la hausse de 1,4 point ne l’étant pas et la CRDS jamais ; et le barème des revenus 2026 sera fixé par la loi de finances pour 2027, non votée à ce jour. Le plus récent, celui des revenus 2025, va de 0 % jusqu’à 11 600 € à 45 % au-delà de 181 917 € par part.
Le piège que les articles généralistes vont manquer
La loi de finances pour 2026 a supprimé le mot « irrévocable » au 2 de l’article 200 A du CGI. Beaucoup vont donc titrer que l’option pour le barème devient révocable. C’est vrai pour la case 2OP, celle des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values sur valeurs mobilières.
Ce n’est pas vrai pour la crypto. L’option crypto est portée par l’article 200 C, que cette loi n’a pas touché : sa version en vigueur reste celle du 1er janvier 2023 et dit toujours « sur option expresse et irrévocable ». Deux cases, deux régimes de révocabilité : cocher 2OP ne coche pas 3CN.
Opération par opération
Opération
Imposable ?
Régime et point de vigilance
Vente contre euros
Oui
150 VH bis : le fait générateur principal, sous réserve des 305 €.
Échange crypto contre crypto, stablecoin compris
Non
Sursis, sans soulte. Avec soulte : imposable à hauteur de la soulte.
Paiement d’un bien ou d’un service
Oui
150 VH bis. Prix de cession = valeur du bien reçu.
Aucun transfert de propriété, donc pas de cession.
Perpétuels, futures, options, CFD
Oui
Hors 150 VH bis. Formulaire 2074, pertes reportables dix ans.
Minage
Oui
BNC dès la perception, à la valeur du jour d’attribution.
Staking
Oui selon la DGFiP
BNC, mais position publiée sur impots.gouv.fr uniquement.
Lending, yield farming, airdrop
Non tranché
Aucun texte dédié. Les praticiens retiennent souvent le BNC.
NFT
Oui
150 VH ter depuis 2026 : régime du bien représenté.
Donation
Oui, aux droits de mutation
Purge la plus-value latente, mais consomme ton capital initial.
Vol, piratage, rug pull, clés perdues
Non, et aucune déduction
Absence de cession : aucune moins-value, même la même année.
Détention
Non
Aucun impôt annuel, mais déclaration des comptes à l’étranger.
Les frais payés en crypto sont une cession
La notice du 2086 est explicite : le paiement de frais de transaction au moyen d’actifs numériques « constitue une opération imposable au sens du I de l’article 150 VH bis du CGI ». Traduction pour un utilisateur DeFi : chaque gas payé en ETH est en principe une cession imposable. La notice enchaîne heureusement sur une tolérance, en admettant que la cession et les services rendus en contrepartie des frais soient assimilés à une seule opération. Elle te sauve dans le cas standard ; elle ne t’exonère pas de comprendre la règle.
La même perte, deux régimes : le spot l’efface au 31 décembre, le dérivé la garde dix ans.
Les dérivés : perpétuels, futures, options et CFD
C’est la grande absente de toutes les fiches fiscales crypto, et pourtant le quotidien de beaucoup de traders. Si tu prends des positions sur des contrats à terme avec de l’effet de levier, tu n’es pas dans le régime que décrit tout le reste d’Internet.
Pourquoi ils sortent de l’article 150 VH bis
La chaîne de textes est courte. L’article 150 VH bis ne vise que les crypto-actifs « soumis au règlement (UE) 2023/1114 » ; or le règlement MiCA, à son article 2 paragraphe 4, exclut de son champ les crypto-actifs qualifiés d’instruments financiers au sens de MiFID II. La notice du 2086 dit la même chose côté français en excluant les jetons « remplissant les caractéristiques des instruments financiers mentionnés à l’article L. 211-1 » du code monétaire et financier, dont l’article D. 211-1 A vise, par une clause balai, « tout autre contrat à terme concernant des actifs, des droits, des obligations, des indices et des mesures ».
Un contrat perpétuel à règlement en espèces n’est donc pas un crypto-actif MiCA, c’est un contrat financier. Les textes conduisent au régime des profits sur instruments financiers à terme, article 150 ter du CGI, où le profit de chaque contrat est la différence entre les sommes reçues et les sommes versées.
Disons les choses honnêtement. L’exclusion du champ du 150 VH bis est solidement établie sur ces textes. Le rattachement positif à l’article 150 ter, lui, est une déduction juridique cohérente, pas une position administrative publiée : aucun texte, aucun BOFiP et aucune jurisprudence ne qualifient expressément un contrat perpétuel crypto, et le seul commentaire sur les instruments financiers à terme date du 20 décembre 2019 sans mentionner ni crypto, ni CFD. Pour un montant significatif, fais valider ta situation par un professionnel plutôt que de te fier à un article, y compris celui-ci.
Point
Spot (150 VH bis)
Dérivés (150 ter)
Taux global
31,4 %
31,4 % (12,8 + 18,6)
Seuil de 305 €
Oui
Non : imposable dès le premier euro de profit net
Sursis sur les échanges
Oui, sans soulte
Non : chaque contrat dénoué est un fait générateur
Formule du portefeuille global
Oui, obligatoire
Non : calcul contrat par contrat
Formulaire
2086
2074, joint à la 2042
Report des pertes
Aucun report
Dix années suivantes
Cocontractant en État non coopératif
Sans effet
Taux de 50 %, sauf preuve d’opérations réelles
L’avant-dernière ligne est la plus importante, et elle est contre-intuitive. Sur le spot, une année de drawdown est fiscalement perdue : les moins-values ne s’imputent que sur les plus-values de même nature de la même année, sans aucun report. Sur les dérivés, les pertes nettes relèvent du 11 de l’article 150-0 D et sont reportables sur les dix années suivantes, sur des profits de même nature — jamais sur ton revenu global.
Quant au taux de 50 %, la liste des États et territoires non coopératifs résulte de l’arrêté du 15 avril 2026 et compte onze territoires, dont Panama, la Russie et le Vietnam. Ni les Émirats arabes unis, ni les Seychelles, ni les îles Caïmans n’y figurent en 2026, mais elle est révisée chaque année : vérifie-la au Journal officiel.
Deux cas limites restent non tranchés : le margin trading sur le spot, sans contrat dérivé, laisse l’actif dans les crypto-actifs fongibles et paraît relever du 150 VH bis ; et les perpétuels sur une plateforme non agréée restent imposables, l’irrégularité de l’offre ne faisant pas disparaître l’impôt. Si tu passes par une prop firm, la question se pose encore autrement, la rémunération n’étant en général pas un profit de marché.
Les NFT ont désormais leur propre article de loi
C’est la nouveauté que presque personne n’a intégrée. L’article 91 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales crée l’article 150 VH ter : les crypto-actifs uniques et non fongibles sont soumis au régime fiscal du bien ou du droit qu’ils représentent. Le texte renvoie expressément à l’article 150 VI du CGI quand le NFT représente un objet d’art, de collection, d’antiquité ou un métal précieux ; pour les autres sous-jacents, aucun commentaire administratif n’est publié et les taux ne sont pas tranchés.
Et le texte est rétroactif. Il s’applique « aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2026 », soit près de six mois avant sa publication au Journal officiel du 26 juin 2026. Si tu as vendu un NFT en février 2026 en pensant relever du 150 VH bis, tu relevais déjà du nouveau texte, et tu devras reconstituer un prix d’acquisition selon le régime du bien sous-jacent sans le moindre commentaire officiel pour t’éclairer. C’est le principal risque pratique de l’année pour quiconque a touché aux Ordinals ou aux collections NFT. Un point reste ouvert : la sortie des NFT de la « valeur globale du portefeuille » du 150 VH bis en découlerait logiquement, mais aucun texte ne le confirme et nous n’en tirons aucune conséquence chiffrée.
Minage, staking et le reste du DeFi
Le minage est le seul cas clairement traité. Le BOFiP le range en bénéfices non commerciaux sur le fondement d’une décision du Conseil d’État du 26 avril 2018 : imposition dès la perception, à la valeur du jour d’attribution, avec une valeur d’acquisition nulle quand les jetons sont attribués gratuitement. Sous 83 600 € de recettes, le micro-BNC s’applique avec un abattement de 34 % (minimum 305 €) ; au-delà, c’est la déclaration contrôlée 2035.
La page impots.gouv.fr du 17 juillet 2026 range le staking dans la même catégorie. C’est la position officielle et la voie prudente, mais sois conscient du niveau de source : ni la loi, ni le BOFiP, ni la jurisprudence ne traitent du staking. Une thèse minoritaire défend, pour le staking délégué, une imposition à la seule cession : nous la signalons, sans la recommander.
Pour le yield farming, le lending et les airdrops, rien n’est tranché : ni le législateur, ni le BOFiP, ni la jurisprudence n’ont statué. Par analogie avec le minage, la qualification BNC à la perception est la plus souvent retenue par les praticiens, d’autres défendant celle de revenus de créances. Conserve la preuve de la nature du jeton et de sa valeur à la date de réception — le décret DAC 8 range d’ailleurs le staking et le lending parmi les services que les plateformes devront déclarer.
Tes obligations déclaratives
Le formulaire 2086 est l’annexe obligatoire dès qu’une seule cession imposable a eu lieu dans l’année, y compris sous le seuil de 305 € : c’est lui qui justifie l’exonération. Le millésime 2026, pour les cessions de 2025, portait le CERFA 16043*07 ; celui des cessions de 2026 n’est pas encore publié. Sur la déclaration 2042 C, trois cases : 3AN pour une plus-value nette, 3BN pour une moins-value nette, 3CN pour l’option barème — les deux premières étant préremplies en ligne à partir du 2086 saisi.
Le formulaire 3916-3916 bis est celui qu’on oublie. Tout portefeuille ouvert, détenu, utilisé ou clos auprès d’une entreprise, personne morale, institution ou organisme établi à l’étranger doit être déclaré chaque année. Même sans aucune cession. Même si le compte est vide. Même s’il a été fermé dans l’année.
Sur les crypto-actifs fongibles, un wallet auto-hébergé, un MetaMask ou un Ledger, n’est pas concerné : il n’y a pas d’organisme tiers. Attention toutefois, l’article 1649 bis C du CGI vise aussi les crypto-actifs uniques et non fongibles « détenus ou utilisés à l’étranger », sans condition d’intermédiaire : un NFT en auto-conservation entre donc potentiellement dans l’obligation. Ce que signifie « utilisé à l’étranger » n’étant défini par aucun texte, c’est un angle mort que nous signalons sans le trancher.
Les dates limites des revenus 2026 ne sont pas connues : le calendrier de la campagne 2027 sera publié par la DGFiP au printemps 2027, et nous n’inventerons pas de dates. La 3916-3916 bis se dépose à la même échéance.
Les pièges qui coûtent cher
Les moins-values du spot ne sont reportables sur aucune année
Elles ne s’imputent que sur les plus-values de même nature de la même année. Vendre à perte en décembre pour compenser un gain de l’année a un sens ; le faire en janvier suivant n’en a aucun. Et une moins-value crypto ne s’impute ni sur ton revenu global, ni sur des plus-values sur actions.
Une perte sans cession ne se déduit pas du tout
C’est l’écart le plus violent avec l’intuition. L’article 150 VH bis ne connaît que les cessions à titre onéreux : ne génèrent aucune moins-value imputable le vol, le piratage, la faillite d’une plateforme, le rug pull, la perte de tes clés privées et le jeton devenu sans valeur mais jamais cédé.
La nuance qui change tout : un jeton devenu quasi nul mais effectivement cédé matérialise une cession, donc une moins-value imputable sur tes gains de l’année. Raison de plus pour savoir reconnaître les arnaques aux faux jetons. L’existence d’une tolérance en cas de vol ou de faillite n’a pas pu être vérifiée : par défaut, aucune déduction n’est possible.
750 € par compte étranger non déclaré
L’article 1736, X du CGI prévoit 750 € d’amende par portefeuille non déclaré, ou par NFT, et 125 € par omission. Ces montants passent à 1 500 € et 250 € lorsque la valeur vénale de tes avoirs à l’étranger dépasse 50 000 € à un moment quelconque de l’année, avec un plafond de 10 000 € par déclaration. Trois comptes oubliés pendant quatre ans, c’est 9 000 € sans qu’aucun impôt n’ait été éludé.
Et la prescription s’allonge. Le délai de reprise en matière d’impôt sur le revenu est de trois ans ; il est porté à dix ans lorsque l’obligation de l’article 1649 bis C n’a pas été respectée. Attention au contresens que l’on lit partout : il n’existe aucune tolérance de montant pour les crypto-actifs. L’article L. 169 du LPF réserve l’exception des 50 000 € de soldes créditeurs aux seuls comptes bancaires de l’article 1649 A. Pour un portefeuille de crypto-actifs ou un NFT, les dix ans s’appliquent quel que soit le montant concerné. Depuis la loi du 25 juin 2026, le même délai vaut en matière de droits d’enregistrement, et l’article 755 du CGI permet, à défaut de justifier l’origine de tes avoirs, de les taxer d’office à 60 % sur la valeur la plus élevée connue des dix années précédentes.
La donation ne purge pas gratuitement
Donner des crypto-actifs purge la plus-value latente : le donataire retient comme prix d’acquisition la valeur retenue pour les droits, et l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant se renouvelle tous les quinze ans. Mais la notice du 2086 définit la ligne 221 comme la fraction de capital contenue dans le prix des cessions antérieures réalisées « à titre gratuit ou onéreux » : une donation consomme donc une part de ton capital initial et réduit définitivement le prix d’acquisition du portefeuille qui te reste. Tes plus-values futures seront mécaniquement plus élevées, et une donation-cession non sincère est requalifiable en abus de droit.
Enfin, au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, 500 000 € pour un couple, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ajoute 3 puis 4 % : 31,4 % n’est alors plus ton coût réel.
Changer de résidence fiscale
L’article 150 VH bis ne vise que les personnes domiciliées fiscalement en France : un non-résident n’y est pas imposable sur ses plus-values crypto. En cas de départ en cours d’année, seules les cessions réalisées pendant la période de résidence française sont imposables, la valeur globale du portefeuille s’appréciant à la date de chacune — aucun commentaire administratif ne détaille cette mécanique.
Exit tax : les crypto-actifs détenus en direct ne sont pas dans son champ. L’article 167 bis du CGI vise les « droits sociaux, valeurs, titres ou droits mentionnés au 1 du I de l’article 150-0 A », sans mention des crypto-actifs, et la loi du 25 juin 2026 n’y a pas touché. Deux réserves : c’est une lecture du texte, très largement partagée, qu’aucun BOFiP ne confirme expressément ; et si tu détiens tes crypto-actifs via une société, ce sont les titres de cette société qui entrent, eux, dans le champ.
2026, la première année sans anonymat
La France a transposé la directive européenne DAC 8 par un décret du 19 décembre 2025, qui met une obligation déclarative à la charge des prestataires de services sur crypto-actifs : enregistrement depuis le 1er janvier 2026, mise en conformité des utilisateurs préexistants avant le 1er janvier 2027, et première transmission automatique en 2027, sur les opérations de 2026. Concrètement, 2026 est la première année dont l’administration aura connaissance sans rien te demander : le raisonnement du « ils ne verront rien » a une date de péremption, et c’est le printemps 2027.
Ce que nous n’affirmerons pas
Un article honnête dit aussi où s’arrête ce qu’il sait. Au 3 septembre 2026, aucun texte, aucun commentaire administratif et aucune jurisprudence ne tranchent : la qualification précise d’un contrat perpétuel conclu à l’étranger et le margin trading sur le spot ; les taux des NFT du 150 VH ter hors renvoi à l’article 150 VI ; le lending, le yield farming, les airdrops et le prêt collatéralisé ; le prix d’acquisition des jetons déjà imposés en BNC lors de leur revente ; la méthode de valorisation du portefeuille, dont aucune source de cours ni aucun horodatage ne sont imposés ; le régime des crypto-actifs détenus par une société à l’IS ; la TVA sur les NFT et le minage ; le barème 2026 et les dates limites de la campagne 2027. Documente ta méthode, tiens-t’y d’une année sur l’autre, et consulte un professionnel plutôt que de recopier la réponse d’un forum ou d’une intelligence artificielle.
Le simulateur, pour passer aux chiffres
Combien vais-je payer ? Le simulateur applique le PFU et l’option barème à tes montants, et compare les deux. Il affiche la règle appliquée à chaque ligne, et s’arrête sur les cas qu’aucun texte ne tranche plutôt que d’inventer un montant. Tout est calculé dans ton navigateur : rien n’est transmis ni enregistré.
Questions fréquentes
Le taux est-il de 30 % ou de 31,4 % ?
31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le chiffre de 30 % correspond à l’ancien taux social de 17,2 %, relevé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. La page officielle de la DGFiP, modifiée le 17 juillet 2026, affiche bien 31,4 %.
Dois-je déclarer si je n’ai fait que des échanges crypto contre crypto ?
Les échanges sans soulte bénéficient d’un sursis, stablecoins compris : aucun impôt, et ils ne comptent pas dans le seuil de 305 €. Mais si tes comptes sont ouverts chez un prestataire étranger, la déclaration 3916-3916 bis reste obligatoire chaque année, même sans aucune cession.
Mes pertes sont-elles reportables sur les années suivantes ?
Sur le spot, non : les moins-values ne s’imputent que sur les plus-values de même nature de la même année. Sur les dérivés relevant de l’article 150 ter, les pertes nettes sont au contraire reportables dix ans.
Comment sont imposés mes gains sur les contrats perpétuels ?
Pas comme du spot : MiCA exclut les crypto-actifs qualifiés d’instruments financiers, et les textes conduisent à l’article 150 ter. Même taux global de 31,4 %, mais ni seuil de 305 €, ni sursis, formulaire 2074 et non 2086, et pertes reportables dix ans. Ce rattachement est une déduction juridique, pas une position administrative publiée : fais valider ta situation par un professionnel.
Et si je me fais pirater ou si la plateforme fait faillite ?
Fiscalement, rien — et c’est brutal. L’article 150 VH bis ne connaît que les cessions à titre onéreux : vol, piratage, rug pull, faillite ou clés perdues ne génèrent aucune moins-value imputable. Un jeton devenu quasi nul mais effectivement vendu constitue en revanche une cession.
Mes NFT relèvent-ils du même régime que mes bitcoins ?
Plus depuis 2026. L’article 150 VH ter, créé par la loi du 25 juin 2026, les soumet au régime du bien ou du droit qu’ils représentent, pour les cessions réalisées depuis le 1er janvier 2026. Aucun commentaire administratif n’étant publié, les taux ne sont pas encore connus.
Faut-il déclarer si mes gains sont inférieurs à 305 € ?
Attention au contresens : 305 € est un seuil de prix de cession annuel au niveau du foyer, pas un seuil de gain. Et l’exonération n’est pas automatique : il faut déposer le 2086 en détaillant les cessions pour justifier que tu es dessous.
L’option pour le barème est-elle devenue révocable ?
Pas pour la crypto. La loi de finances pour 2026 a supprimé l’irrévocabilité à l’article 200 A du CGI, qui porte la case 2OP des revenus de capitaux mobiliers. L’option crypto de la case 3CN relève de l’article 200 C, non modifié : elle reste expresse et irrévocable.
Avertissement
Ce contenu est informatif et à jour au 3 septembre 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : nous ne sommes pas conseillers fiscaux, et la situation de chacun diffère selon son domicile fiscal, la nature de ses opérations et l’historique de son portefeuille. Les textes cités peuvent être modifiés, notamment par la loi de finances pour 2027. Avant toute décision engageant des montants significatifs, consulte un avocat fiscaliste ou un expert-comptable.
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